Romantic Poetry

boban sakic -

Se levant
le poing
foudroie
tâche la peau
d’un bleu incrédule

Le cri transperce les murs
sourds

L’abîme reste impuni

Le Verbe destructeur
empoisonne les veines
démolit l’âme

L’oreille voisine se voile
Les belles paroles
cachent les sanglots

Le prince charmant
brode l’enfer du quotidien
en maitre absolu

Sybille Rembard, 2020

boban sakic

De toi je connais le regard qu’avait ta mère quand elle te portait
Heureux et tendre, et des cernes bleutés
Sous les yeux
J’ai su qu’elle t’avait conçue
A la plénitude des seins, à la rondeur du ventre
A la nouvelle lumière de son visage

Alors nous t’avons donné un nom : Amandine

Pour que tu vives avec nous aussi longtemps que nous-mêmes
Plus longtemps certes que ta courte vie
Plus longtemps que nous-mêmes les fruits de l’amour étant de toute éternité

Nous murmurons ton nom, et nous cachant du monde nous t’appelons afin que nul n’entende
N’ayant connu de toi ni ton visage, ni tes yeux, changent ils aussi selon la lumière du jour ?
Ne connaissant de toi que le regard que tu donnas à ta mère te portant, heureux et tendre avec des cernes bleutés sous les yeux,

Que la rondeur douce de son ventre quand tu t’y blottissais, la plénitude de ses seins dans l’attente de tes lèvres

De toi ne connaissant que ton nom,

Amandine

Villebramar

-boban-sakic-

Qu’elle est gracieuse et belle !
Est-il rien d’aussi beau qu’elle ?

Me diras-tu, matelot,
Sur ta galère fidèle,
Si la galère, ou le flot,
Ou l’étoile est aussi belle ?

Me diras-tu, chevalier,
Toi dont l’épée étincelle,
Si l’épée, ou le coursier,
Ou la guerre est aussi belle ?

Me diras-tu, pastoureau,
En paissant l’agneau qui bêle,
Si la montagne, ou l’agneau,
Ou la plaine est aussi belle ?

Qu’elle est gracieuse et belle !
Est-il rien d’aussi beau qu’elle ?

Amable Tastu

-boban sakic-

Amour, mon cher Amour, je te sais près de moi
Avec ton beau visage.
Si tu changes de nom, d’accent, de coeur et d’âge,
Ton visage du moins ne me trompera pas.
Les yeux de ton visage, Amour, ont près de moi
La clarté patiente des étoiles.
De la nuit, de la mer, des îles sans escales,
Je ne crains rien si tu m’as reconnue.
Mon Amour, de bien loin, pour toi, je suis venue
Peut-être. Et nous irons Dieu sait où maintenant ?
Depuis quand cherchais-tu mon ombre évanouie ?
Quand t’avais-je perdu ? Dans quelle vie ?
Et qu’oserait le ciel contre nous maintenant ?

Sabine Sicaud

_boban_sakic-

Nous irons au delà de la nudité
Comme deux anges
A qui le fruit défendu fût permis
Naîtront des univers
De tous nos ébats
Tant ils seront féconds en paradis
Je t’insuffle mon âme
Au rythme langoureux de ton corps
O Femme
O Toi ma flamme
En qui je gage une vie après la mort

Boban Sakic, 1986

_boban_sakic_

Ce triangle d’eau qui a soif
cette route sans écriture
Madame, et le signe de vos mâtures
sur cette mer où je me noie

Les messages de vos cheveux
le coup de fusil de vos lèvres
cet orage qui m’enlève
dans le sillage de vos yeux.

Cette ombre enfin, sur le rivage
où la vie fait trêve, et le vent,
et l’horrible piétinement
de la foule sur mon passage.

Quand je lève les yeux vers vous
on dirait que le monde tremble,
et les feux de l’amour ressemblent
aux caresses de votre époux.

Boban Sakic