Happy Poetry

Polir l’âme,
Laver sans cesse le regard,
Sentir s’installer le jugement en soi avant de l’exciser,
Tisser en soi de la soie,
Pure, légère et fine,
Comme le rire cristallin d’un enfant

Boban Sakic

C’était l’heure où d’aimables fées
Apportent dans leurs blanches mains
Riches colliers, brillants trophées
Au triste séjour des humains ;
C’était l’heure où, plus amoureuses,
Murmurant des mots nonchalants,
Les odalisques langoureuses
Fleurent d’ennui sur leurs bras blancs.

bobansakic

Ce fut l’heure où je vis en songe
L’ange aux yeux noirs que j’aime tant ;
Enivré d’un si doux mensonge,
Je l’appelai, tout palpitant,
Mais vainement ma voix l’implore ;
Malgré mon accent éploré,
Je vis fuir, comme un météore,
Ce charmant fantôme adoré.

François-Marie Robert-Dutertre

bobansakic

Toute une vie qui soudain se résume

à quelque manuscrit !
L’espoir et la rancœur, la gloire et l’amertume

que l’on a désappris,

pour un chaos où plus rien ne s’agite

dans le soupçon fumeux : le peuple y est indifférent comme l’élite,

et si quelqu’un s’émeut,

ce ne serait qu’un oiseau de passage

qui grimpe sur les blés : toute une vie absente, et pas même un orage

vers qui l’on puisse aller

pour un peu de fraîcheur ou de musique.

Une vie de travers qui veut se refuser à celui qui l’explique

dans sa gerbe de vers,

à la façon des anciennes romances

où l’on se croyait beau, en un siècle perdu que le poète pense

ressusciter.
Nabot,

voyou, rêveur et fabricant de rêves !

Toute une vie s’éteint, tandis que dans l’azur un platane s’élève

et s’arrache au destin.

Boban Sakic

boban.sakic

Parler, c’est exister
ma bouche n’a
aucune couleur
d’haleine.

Mes mains si tu frappes.
Elles t’ouvriront.
Te montreront le chemin de mon être.

Ma silhouette
s’ouvre aux vôtres
nul besoin d’être narcisse.

Le trépas ne sait rire
la terre ne sait que recevoir
les bienfaits du ciel
signe d’union.

Cueillons les amitiés

Robert Robs

boban.sakic

La pluie fait une ville
Difficile à aimer
Point du jour Point du soir
Et pointe du plaisir.
Des goûts et des couleurs
Plus vives que jamais…
Ainsi la pluie me parle
Au coeur
Ô patrie légère
Ô maison de fil
Mes amis, mes frères
Vous connaissent-ils ?
Ils parlent d’amour
Je n’en ai que faire
Je chante à mon tour
Et je vis d’eau claire.

Boban Sakic

On a contourné la colo.
On s’est assis sur une pierre.
On a regardé la mer.

boban-sakic

Tu m’as dit que tu serais journaliste et aviateur,
Comme Saint-Exupéry.
Alors on a parlé du Petit Prince.
Et tu m’as dit que je lui ressemblais,
Au Petit Prince,
Parce que j’étais tout blond, rêveur.
Et sur une autre planète.

Jean Ciphan, « Sentiers incertains »

boban_sakic

Dit l’étranger que fais-tu sur mon ici
As-tu oublier la terre qui t’ a bercé
Pourquoi as-tu laissé en ton là bas
Ta mère, ton père, tes sœurs , tes frères
Comment as-tu perdu nostalgie de ton pays

Si donc ainsi , que peux tu avoir à aimer
As-tu des amis qui ne te soit ennemis
Pour que tu ais cœur à sourire
Ou serai-ce or qui soit ta seule amitié
Pour ignorer l’âme de ma sage patrie

Mais ta patrie pourquoi l’avoir
Un jour abandonné au temps
Sais-tu encore où elle dort le soir
Sais-tu où elle respire sans toi
Elle qui t’aimais de sincérité
Qui comptais sur ton toit
Pour enrichir ses jours futurs

Boban Sakic

boban sakic

Quant est d’Amour, je crois que c’est un songe,
Ou fiction, qui se paît de mensonge,
Tant que celui, qui peut plus faire encroire
Sa grand’feintise, en acquiert plus de gloire.
Car l’un feindra de désirer la grâce,
De qui soudain voudra changer la place
L’autre fera mainte plainte à sa guise,
Portant toujours l’amour en sa devise,
Estimant moins toute perfection
Que le plaisir de folle affection :
Aussi jamais ne s’en trouve un content,
Fuyant le bien, où tout bon coeur prétend.
Et tout cela vient de la nourriture
Du bas savoir, que tient la créature.
Mais l’amitié, que les Dieux m’ont donnée,
Est à l’honneur toute tant adonnée
Que le moins sûr de mon affection
Est assuré de toute infection
De Faux-Semblant, Danger, et Changement,

Sybille

Dans le songe d’un récit de rêves,
Tout espoir devient puissance créatrice
Et ce glissement abolit l’oubli…
En s’approchant du rêve,
On s’endort irresistiblement.

Quant à la pensée,
Elle demeure libre et influente….
On s’etonne parfois
Qu’elle naisse sans l’avoir convoquée
Mais elle est libre de tout espace
Celui du rêve en particulier.

Pat, 1990

boban

Il me semble que j’imite
Et pourtant je cherche qui.

J’ai vu le sable et le vent
Essayer de faire un corps.

J’ai vu l’eau se soulever
Mais le plan est fait pour elle.

J’ai vu durer les rochers
Plus informes que le ciel.

Moi j’ai la stabilité,

J’ai la force dans ma base,

La patience dans mes faces
Et l’esprit dans mon sommet.

J’ai de coupantes arêtes.

Je suis on ne peut plus nette.

Et puis qui n’imite pas.
Qui n’est pas un peu pareil

À tout cela qu’il n’est pas,
Qui ne lui ressemble pas ?

Nous, figures, nous n’avons
Après tout qu’un vrai mérite.

C’est de simplifier le monde.
D’être un rêve qu’il se donne